Document de Position sur la Réduction des Émissions dues à la Déforestation et à la Dégradation des Forêts (REDD+)

L’an 2012, du 9 au 14 du mois d’Octobre, s’est tenu à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 2ème Atelier régional sur le thème « Genre et Tenure en Afrique ». Cet atelier a été organisé par le Réseau des Femmes Africaines pour la Gestion Communautaire des Forêts (REFACOF) en étroite collaboration avec l’Initiative pour les Droits et Ressources (RRI) de Washington DC, Ford Foundation et Forest People Program (FPP) du Royaume-Uni.

 

 

L’objectif de cet atelier était de traiter des questions relatives au Genre, aux droits à la terre et aux ressources forestières en Afrique dans le contexte des changements climatiques, notamment de la REDD+, des réformes relatives aux régimes fonciers et forestiers.

 

Douze (12) des seize (16) Points Focaux des pays membres du REFACOF (Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Libéria, Mali, Nigéria, République Démocratique du Congo -RDC-, République Centrafricaine, Rwanda et Tchad) ont pris part aux travaux. Des représentantes autochtones et des communautés rurales du Burundi, du Cameroun, de l’Ouganda, de la RDC et du Tchad; ainsi que quelques représentantes d’organisations et associations locales du Burkina Faso y ont également pris part. 

 

A la suite de l’analyse du processus REDD+ en cours dans certains des pays membres du REFACOF, l’atelier a permis aux femmes de mieux comprendre la situation dangereuse et extrêmement vulnérable des femmes rurales par rapport à la terre et aux ressources ; et de comprendre comment REDD+ peut exacerber les défis auxquels les femmes font face ; par exemple :

-      Malgré leurs interactions fortes avec leur environnement, les femmes contrôlent toujours peu la terre, les forêts et les ressources naturelles et font souvent l’objet de discrimination quant à leurs accès ;

-      Les initiatives REDD+ telles qu’elles se présentent actuellement renforcent l’iniquité et la non motivation pour les femmes; elles jouent un rôle clé mais différent dans la conservation et la restauration des forêts. L’architecture actuelle de la REDD+ prévoit que les acteurs reçoivent des crédits carbones en réduisant leur déforestation. Les femmes sont généralement peu responsables de la déforestation et de la dégradation, et n’ont aucun droit de propriété sur les forêts ; elles seront donc moins éligibles pour le crédit carbone ; 

-      La vulnérabilité aux changements climatiques (CC) est façonnée par les rôles et les relations entre les genres. Les femmes sont les plus affectées par les impacts négatifs des CC du fait de leurs vulnérabilités économique et sociale. 

Plusieurs pays ont pris des engagements par rapport aux droits des femmes ; par exemple :

-          Les articles 15, 18 et 19 du Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique qui reconnaissent respectivement les droits des femmes à la sécurité alimentaire, à un environnement sain et viable et au développement durable, qui appellent les États parties à prendre les mesures nécessaires pour protéger le développement de la connaissance des femmes dans le domaine des technologies indigènes (art. 18) et à promouvoir l’accès et le contrôle par les femmes des ressources productives, telles que la terre et garantir leur droit aux biens (art. 19).

 

-          L’article 14 de la Convention internationale pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes qui prévoit l’obligation des États d’assurer l’accès des femmes rurales au crédit et aux prêts agricoles, ainsi qu’aux services de commercialisation et aux technologies appropriées et d’assurer qu’elles reçoivent un traitement égal dans les réformes foncières et agraires et dans les projets d’aménagement rural.

 

Rappelant que le réseau des Femmes Africaines pour la Gestion communautaires des forêts (REFACOF) veille à promouvoir les droits des femmes en Afrique et à influencer les politiques pour une équité de genre en matière de tenure foncière et forestière.

 

Convaincues que l’accès des femmes à la propriété foncière et forestière est un passage obligé pour la réussite du processus REDD+ et la lutte contre les changements climatiques, nous, femmes du REFACOF réunies à Ouagadougou, appelons les Gouvernements des pays membres du REFACOF, les Nations Unies, autres Décideurs et Bailleurs de fonds à :

 

  1. Développer des mécanismes permettant l’accès à la propriété foncière et forestière des femmes rurales et autochtones ;
  2. Créer un fonds spécial pour le financement des activités d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques pour les femmes africaines ;
  3. Prioriser les programmes/projets dans le contexte des stratégies nationales REDD+ qui prévoient des mécanismes de distribution efficaces et équitables des bénéfices ;
  4. Développer les mécanismes pour le renforcement des capacités des femmes rurales et autochtones et leur accès à des informations de qualité afin d’assurer la représentation qualitative et quantitative de ces dernières dans les processus de prise de décisions liées à la REDD+ à toutes les échelles d’intervention.

 

Fait à Ouagadougou, le 14 octobre 2012

 

Les participantes   

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